gregorio magno

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    S. GREGORII MAGNI HOMILIAE

    AD USUM STUDIOSAE JUVENTUTIS ADNOTATAE.

    Tirunculorum.

    PARISIIS, A P U D G A U M E E T S O C I O S , B I B L I O P O L A S .

    YJA YULGO DICTA CASSETTE, N 4.

    1852

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  • Les exemplaires non revtus de la signature ci-dessous seront rputs contrefaits.

    SauclwGermanMo-Laia, * typit BEAU.

  • PRFACE

    CHERS ENFANTS ,

    Comme votre pre qui est sur la terre vous donne des or-dres dans le but unique de procurer votre plus grand bien $ ainsi votre Pre, qui est dans le ciel, vous a donn une loi, dont l'observation fera votre bonheur avant et aprs la mort.

    Cette Loi est contenue surtout dans l'criture sainte. Dj vous en avez lu une partie ; le reste vous sera connu plus tard. Mais cette loi, comme toutes les autres, demande tre bien explique^ afin d'tre bien comprise et bien accomplie.

    Un des plus beaux gnies qui aient paru dans le monde, un des plus illustres docteurs de l'glise, saint Grgoire le Grand, veut bien devenir votre matre et dvoiler votre jeune, intelligence le sens des prceptes divins *. Il le fait dans les homlies que nous offrons votre tude. Il le fait, vous le verrez bientt, de la manire la plus propre non-seulement panouir votre esprit, ennoblir votre cur et former vo-tre got, mais encore piquer vivement la curiosit si natu-relle votre ge.

    Homlie veut dire explication familire de l'criture sainte. Ce mot, driv du grec, signifie primitivement entre tien, conversation. Mais, dans la langue ecclsiastique, on a dsign par ce nom les prdications que les voques des pre*

    ' Sa vie se trouve en tte d m lettres que vou* lirez eu qua-

    UO>fMK. a

  • VJ PRFACE. miers sicles, adressaient aux iidles dans les assembles chr-tiennes; prdications qui ne sont qu'une paraphrase ou inter-prtation du texte sacr dans sa lettre et dans son esprit. Nos pres eans la foi donnrent ces discours sacrs la dnomi-nation modeste d'homlies, pour faire entendre qu'ils diffrent des harangues aux formes ambitieuses, recherches, fami-lires aux orateurs paens. Les homlies, en effet, sont comme l'entretien d'un matre avec ses disciples, ou plutt comme la causerie d'un pre avec ses enfants. Il y rgne un touchant abandon, une charmante simplicit : simplicit qui, pour tro ennemie du fard et des ornements affects, n'exclut pas ce-pendant la grce, l'lgance, la solidit, la profondeur des penses, ni surtout une certaine onction pntrante, totale-ment ignore des anciens et qui remue l'me et la persuade.

    Comme vous voyez, les homlies ont pour objet de donner aux chrtiens l'intelligence du Code sacr et de leur montrer clairement la route qu'ils doivent suivre dans Je plerinage de la vie, pour arriver la flicit sans mlange et sans iin qui attend les lus au-del du tombeau.

    Saint Grgoire le Grand a compos beaucoup d'homlies sur les diffrents livres de l'ancien et du nouveau Testament. Il en a quarante sur l'vangile. Nous ne pouvons vous les faire connatre toutes : A petit mercier petit panier, dit le prover-be. Les vingt-deux que nous vous avons choisies, en les abr-geant, expliquent les passages les plus beaux, les paraboles les plus intressantes du plus beau de tous les livres. Le fond comme la forme, tout y plat, tout y attache- Pour que rien ne manque au charme de cette tude, le saint docteur a soin d'y ajouter presque toujours un trait d'histoire.

    Ces homlies ont t prononces Rome, dans les diffrents dimanches de l'anne et aux ftes des martyrs. Vous verrez que ls leons de l'vangile qu'on lisait alors la messe, sont encore gnralement les mmes qu'on y lit maintenant. Ce simple fait montre avec quelle religieuse fidlit, l'glise votre mre garde votre patrimoine, c'est--dire les saintes coutumes *t les augustes vrits qu'elle a reues de son divin poux,

  • PRFACE. Vil

    1 VEGBTIUS, De te militari, c. 8.

    alin d'en nourrir toutes les gnrations qui doivent passer sur la terre.

    Les basiliques dans lesquelles ces homlies furent adresses ou peuple , sont les plus anciennes et les plus vnrables glises de Rome et du monde. Toutes remontent, par leur fondation, au berceau du christianisme, et rappellent les im-mortels souvenirs des Aptres et des Martyrs.

    Le mot basilique veut dire demeure royale. Jamais nom fut-il mieux appliqu ? Quel plus grand roi que le Fils de Dieu, Je Crateur des mondes, rsidant en personne dans ces saintes glises? Quels plus puissants, quels plus glorieux, quels meil-leurs princes que les martyrs, dont les os broys par la dent des lions et le sang vers par la hache des bourreaux inter-cdent pour nous et remplissent les autels de ces augustes sanctuaires, o tant de gnrations sont venues les arroser de leur larmes et les parfumer de l'encens de leurs prires?

    Avec chaque homlie, vous trouverez l'histoire particulire de la basilique o elle fut prononce.

    Il est bon que vous sachiez encore que les homlies de suint Grgoire eurent lieu aux jours de station* Ce mot est pris de la langue militaire, dans laquelle il signifie faction, temps pendant lequel la sentinelle demeure debout, veillant sur le camp endormi L'glise dont'vous tes les enfants est une arme toujours en campagne. Telle fut sa condition de-puis son apparition sur la terre; telle elle sera jusqu' son ascension dans le ciel, la fin des temps. Nuit et jour elle a des soldats qui veillent.

    Dans les premiers sicles, alors que la guerre tait plus acharne et la ferveur plus grande, il arrivait plusieurs fois la semaine que l'arme chrtienne tout entire faisait faction. C'tait le mercredi et le vendredi. On veillait, et en veil-lant on combattait par la prire, par le jeune, par l'aumne, seules armes que connaissaient nos pres, armes toutes-puis-santes avec lesquelles ils ont vaincu le colosse romain et

  • VIII PRFACE. avec lesquelles seules nous vaincrons aussi le monde, si nous savons les manier comme eux. Nous appelons nos jenes stations, dit saint mbroise, parce que ces jours-l, restant en sentinelle et nous livrant la pratique des bonnes uvres, nous repoussons les attaques de nos ennemis K

    Pour s'exciter plus fortement au combat en se retrempant l'esprit hroque du pass, on s'assemblait dans les chapelles souterraines des catacombes, auprs du tombeau de quelque grand martyr. La vue de son sang, de ses ossements, de la palme grave sur sa tombe disait loquemment tout ce qu'on devait faire, tout ce qu'on devait esprer.

    Au sein de la paix achete par trois sicles de victoires, l'glise n'eut garde d'oublier les nobles souvenirs de son ber-ceau. Plus qu'aucun autre Pontife, saint Grgoire le Grand prit soin de conserver l'usage des stations qu'il affermit en le rgularisant2.

    Voici de quelle manire se faisaient les stations. Dans l'as-semble des fidles qui en prcdait le jour, l'archidiacre, de-bout au coin de l'autel, aprs la communion, se tournait vers le peuple et disait haute voix : Tel jour la station aura lieu dans telle glise. Le chur rpondait : Grces Dieu 3 . Le jour venu, tout le peuple se mettait en marche des diffrentes rgions de. la ville, et, accompagn du clerg, se dirigeait au lieu dsign. De son ct, le souverain Pontife sortait du pa-lais de Saint-Jean-de-Latran, et s'avanait majestueusement port sur la Sella gestatoria. Prcd de la clbre croix

    1 Stationes vocantur jejunia, qu>d stantes et comraorantes tu

    eis, inimicorum insidias repellimus. Serm* xxxvi. * Stationes per basilicas vel beatorum martyrum cmeteria,

    secundm quod hactens plebs romana quasi eo vi vente certam decurrit, sollicitus ordinavit. Joan. Diac. in Vit. S. Greg., lib. u, n 1 8 .

    5 Postqum pontifex communicaverat, veniebat archidiaconu?

    ctsm calice ad cornu altaris et annuntiabat stationem, dicens altfl voce, verbi grati : Grastinft die veniente, statio erit in ecclesi S. Georgii martyris ad vlum aureum. Respondebat schola : Deo gratias. Yid. Ord, Rom.

  • PRFACE. IX stationale, et accompagn de tout le collge apostolique, il se rendait la station. Le saint sacrifice tait offert sur le tom-beau du martyr, et c'est aprs l'vangile que le vicaire de l-. sus-Christ prenait la parole pour expliquer toutes ses ouail-les runies les oracles du divin Pasteur.

    L'usage des stations existe encore Rome, du moins en quelque manire. L sont des glises appeles Nationales K Au jour qui lui est assign, chaque glise se revt de toute sa magnificence. A l'extrieur, le frontispice du temple est riche* mont dcor, le parvis est jonch de fleurs et de feuilles odo-rifrantes. A l'intrieur, vous marchez sur un lit de fleurs; les autels tincellent d'innombrables flambeaux, le parfum de l'encens brl dans des cassolettes embaume toutes les parties de la vnrable basilique, dont les piliers et les entrecolonne* mente sont tendus de damas rouge. Les riches trsors de re!> ques, habituellement ferms, montrent aux regards des ple-rins les ossements de ces antiques lgions de martyrs, morte glorieusement dans les grandes luttes de la foi* Ce spectacle, joint ^'indulgence plnire, attire une grande foule depuis les premires heures du jour jusqu' la nuit.

    Nous vous avons dit qu' l'explication de l'vangile, saint Grgoire ajoute presque toujours un trait historique. Vous savez combien les histoires ont de charme pour vous : elle n'en ont gure moins pour les personnes d'un ge plus avanc. A l'avantage d'tre contemporaines, celles que raconte le grand docteur joignent le mrite particulier de montrer en action et de confirmer les vrits et les vertus qui viennent d'tre ex-poses dans les Homlies. Quelques-uns des faits rapports sont de vrais miracles ; il n'y a rien l qui doive tonner vo-tre jeune foi.

    Dieu fait les miracles comme il a fait le monde, en se jouant. Ils ne lui cotent pas plus que les faits naturels. Les uns et les autres dpendent galement de sa volont toute-puissante.